Métier – Trois questions à un électricien de domaine skiable en France

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Lorsque tout va bien, on n’y pense même pas ! Pourtant, la majorité des installations qui composent les stations de ski fonctionnent à l’électricité. Des dysfonctionnements, coupures électriques et autres incidents entraîneraient une répercussion d’envergure sur la vie de la station. Imaginez-vous dans une station où la production de neige par les canons serrait à l’arrêt, tout le réseau de remontées mécaniques coupé… adieu les vacances de rêve ! 

Invisible pour le grand public, les électriciens de domaine skiable, techniciens de l’ombre, sont indispensables au bon fonctionnement des stations. Ils interviennent toute l’année et assurent la maintenance des remontées mécaniques et dans les bureaux. Nous avons rencontré Didier, électricien depuis 15 ans aux Arcs, pour nous parler de son métier qui lui offre chaque jour le plaisir d’observer le Mont Blanc. 

Travelski : En quoi être électricien sur un domaine skiable est différent du travail de vos confrères en plaine ? 

Didier : Les remontées mécaniques, c’est très spécifique ! Quand un électricien part à la retraite, les personnes qui le remplacent sont autonomes au bout de trois hivers. Il faut à la base une formation technique et il est nécessaire de bien connaître les différents appareils. Nous apprenons aussi à travailler en hauteur puisque nous pouvons être amenés à intervenir sur des pylônes en ligne.

Outre la formation, nous collaborons avec divers services. Quand il a neigé le matin, nous demandons toujours l’autorisation auprès du service des pistes. Ainsi, nous devons attendre qu’ils aient fait le déclenchement préventif d’avalanche avant de pouvoir nous rendre sur site.

Nous faisons la même chose avec le service de damage. Parfois des pannes que nous réparons au plus vite dans la journée, mais il nous faut intervenir une nouvelle fois le soir pour finir de dépanner. Si nous agissons en dehors des heures d’ouverture du domaine skiable, nous devons nous assurer que cela ne perturbe pas le travail des dameurs et si nous pouvons emprunter l’itinéraire prévu ou pas. C’est un vrai travail d’équipe ! 

Travelski : Quelle est votre journée type ? 

Didier : La journée commence à 8 h10.

Lorsque nous arrivons à l’atelier le matin :

  • nous faisons un debriefing de la journée précédente. Nous avons un roulement pour les jours de repos, donc il faut informer nos collègues des pannes qui ont pu avoir lieu la veille ;
  • nous nous équipons et faisons la tournée des appareils ;
  • nous discutons avec le personnel pour savoir s’ils ont constaté quelque chose d’anormal. Parfois, nous partons en intervention sur appel d’une remontée qui est en panne.  

En moyenne, cela arrive deux fois par jour. Nous demandons alors le plus de précisions possibles sur la nature du problème et nous intervenons pour remettre au plus vite en route l’appareil. Une fois sur place, nous établissons un premier bilan et estimons le temps nécessaire pour dépanner.

S’il y en a pour 5 min, nous réparons, ce qui est le plus souvent le cas. En moyenne la remontée mécanique est arrêtée un quart d’heure. Si cela dure un peu plus longtemps, nous envoyons des pisteurs sous la ligne pour prévenir les personnes coincées, afin qu’elles ne s’inquiètent pas. Si la panne le permet, nous réduisons la vitesse de l’appareil pour évacuer les clients. L’évacuation est la priorité.

Didier en cours de maintenance

Nous intervenons aussi au niveau des caisses des remontées mécaniques. Le personnel n’étant pas habilité, nous y allons pour changer les ampoules ou réparer d’autres pannes sur le système de billetterie par exemple. Nous agissons aussi dans les bureaux. A midi, nous mangeons tous ensemble, mais s’il y a une intervention nous quittons notre assiette pour filer sur le lieu de la panne. La journée se termine en général vers 17h30. 

En intersaison, nous vérifions les appareils et nous faisons des contrôles annuels avec un bureau d’étude. Nous contrôlons les moteurs principaux et vérifions les protections, les serrages, les capteurs, etc. Tous les électriciens sur les Arcs travaillent à l’année, c’est une chance. 

Travelski : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? 

Didier : J’apprécie l’autonomie que j’ai dans mon travail et je suis heureux d’arriver à mettre mes compétences au service des remontées mécaniques. J’ajouterai qu’il y a une très bonne ambiance entre les huit électriciens, mais aussi avec l’équipe du service mécanique qui nous aide en cas de besoin. Enfin, j’aime particulièrement travailler en extérieur. La montagne, c’est tout de même un cadre sympathique ! 

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