Ski hors-piste : 3 choses à savoir si vous avez un accident

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Chaque année en France, un nombre important de skieurs emprunte les itinéraires hors-pistes aux pentes gorgées d’adrénaline. On dénombre entre 130 à 140 000 victimes d’accident de ski, randonnée etc, dont environ une centaine de morts par année. L’accident ayant entraîné la mort de Gaspard Ulliel dans les Alpes, en janvier 2022 a été l’occasion de venir rappeler ce chiffre. Il faut un certain niveau pour se lancer dans une telle aventure, cependant même le meilleur freerider n’est pas à l’abri d’un pépin. Si vous pratiquez le ski hors-piste, c’est à vos risques et périls. Accident dans le domaine skiable, secours en hélicoptère, déclenchement d’une avalanche… on fait le point sur ce que vous risquez. 

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L’accident reste possible même avec de l’expérience et de la technique. Les exemples ne manquent pas… Trois moniteurs de ski qui pratiquaient du hors-piste ont été emportés samedi 7 février 2015 par une avalanche près de la station de La Plagne, en Savoie.

L’un d’eux a été transféré à l’hôpital de Grenoble mais n’a pas survécu. Une semaine plus tôt, un jeune homme a trouvé la mort près de la station du Mourtis, en Haute-Garonne. 

Une pratique autorisée mais contrôlée 

Cette pratique n’est pas interdite mais expose parfois les sportifs au danger. « Vous êtes libre de pratiquer le ski en dehors des parcours balisés et surveillés par les services des stations de sport d’hiver, sauf si un arrêté municipal d’interdiction a été pris en raison d’un risque d’avalanche, d’un défaut de neige ou d’un risque de glissement de terrain par exemple », a détaillé Bruno Fleury, chargé de mission à la Fédération française de ski (FFS à metronews). 

 » La vigilance est de mise lorsqu’on fait du hors-piste. « 

En présence de ces risques ponctuels, l’interdiction est affichée dans les stations de ski, dans les files d’attente au pied des remontées mécaniques ainsi que sur les panneaux électroniques. Quoiqu’il en soit, si vous skiez hors-piste, c’est à vos risques et périls. Qui paie les secours en cas d’accident ? Quelles sont vos responsabilités si vous déclenchez une avalanche ? Autant de questions que l’on peut se poser 

Secours à vos frais en cas d’accident sur le domaine skiable 

La loi montagne de 1985 prévoit que les secours privés mobilisés – sur les pistes ou hors des pistes – sont à la charge des communes. Celles-ci ont cependant, précise la loi de 2002, le droit d’exiger des intéressés une participation aux frais. A 90 euros en moyenne la minute de vol en hélicoptère, mieux vaut avoir une assurance qui vous couvre pour ces risques. 

 » Les assurances spécifiques pour le ski prennent en charge ces frais même pour du hors-piste. En revanche, si vous avez un contrat d’assistance ou une assurance incluse dans votre carte bancaire, vérifiez bien que le ski hors-piste n’est pas exclu des garanties « , précise le spécialiste de la FFS. 

Secours gratuits si vous êtes accidenté en haute montagne 

Si l’accident survient à un endroit en dehors du domaine skiable, vous aurez affaire à des organismes publics tels qu’un peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), la Sécurité civile ou les sapeurs-pompiers spécialisés dans les milieux périlleux. 

Les frais sont alors pris en charge par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS). La facture est donc payée par les contribuables. Il n’empêche que les actes médicaux restent, dans tous les cas, payants. 

Il est a noté que dans les faits, la distinction entre « hors-piste » et « ski en dehors du domaine skiable » demeure encore imprécise et sujette à interprétation. Elle peut notamment varier d’un domaine à un autre et avoir une influence sur la délimitation des zones de secours entre payant et gratuit. 

Vous déclenchez une avalanche : risque d’amende et de prison 

Vous risquez des poursuites judiciaires si vous pratiquez du hors-piste — malgré l’absence d’un arrêté municipal l’interdisant — et que votre passage déclenche une avalanche faisant des blessés. L‘article 223-1 du code pénal sur la mise en danger d’autrui prévoit jusqu’à 15.000 euros d’amende et un an de prison

 » Dans la pratique les tribunaux ont déjà condamné jusqu’à 1 500 euros d’amende, de la prison avec sursis et une interdiction de skier sur le massif concerné « , prévient Bruno Fleury, tout en rappelant que  » la vigilance est de mise lorsqu’on fait du hors-piste : l’existence de traces sur la neige témoignant de précédents passages ne doit pas laisser penser que le risque d’avalanche est écarté. «  

Les bons réflexes à connaitre en hors-piste 

  • Informez-vous sur les conditions météo et ne partez pas si un risque d’avalanche est annoncé.
  • Prévenez votre entourage de votre départ, de votre trajet et destination, de l’heure prévue de votre retour (connectez-vous si possible via votre mobile).
  • Emportez une carte et un appareil de signalisation comme une ceinture émetteur.  
  • Prévoyez quelques provisions et des boissons.
  • Ne partez jamais seul et, si vous le pouvez, faites-vous accompagner par un professionnel de la montagne . 
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