Le MAM, comment bien se préparer à l’altitude

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Une envie de grand air dans les alpes ? D’arpenter les roches des massifs enneigés de France ? De gravir les pentes ardues du Grand Pilier d’Angle, du Mont Blanc ou bien de l’Everest ? Avez-vous pensé au mal aigu des montagnes qui pourrait rapidement transformer votre ascension en véritable cauchemar voire vous forcer à rebrousser chemin. 

Le Mal aigu des montagnes (MAM) touche beaucoup de monde à des degrés divers, et cela, peu importe votre forme physique. La possibilité de souffrir du MAM varie pour chaque individu et aucun n’est visé particulièrement.

Plusieurs situations peuvent accentuer ce risque, par exemple : avoir des antécédents de mal des montagnes, le lieu de vie, notamment lorsqu’il se trouve au niveau de la mer ou à une altitude très basse (moins de 900 mètres). Les signes sont le plus souvent bénins : mal de tête, fatigue, sommeil perturbé, œdèmes localisés… 

Cependant, dans de rares cas, les manifestations peuvent être graves et mettre en danger la vie des sujets atteints :

  • l’œdème pulmonaire de haute altitude,
  • l’œdème cérébral de haute altitude.

L’incidence du MAM est variable mais augmente très rapidement avec l’altitude. Elle est de :

  • 15 % à 2 000 mètres d’altitude ;
  • 60 % à 4 000 m ;

En effet, il n’apparaît le plus souvent qu’à partir de 3500 m. Le mal aigu des montagnes est principalement dû à un défaut d’oxygénation du cerveau consécutif à une mauvaise acclimatation. Le MAM n’apparaît qu’après un délai de quelques heures en altitude.

Ainsi, les personnes empruntant un téléphérique le temps d’admirer le relief montagneux en haut d’un sommet et de profiter du point de vue ne sont pas touchées par ce mal. Il régresse avec l’acclimatation et disparaît immédiatement à la descente. 

Voici quelques conseils afin de vous préparer à l’altitude. 

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Comprendre les 4 phases d’un séjour en altitude 

La durée des phases présentées sera variable selon l’altitude :  

  • Phase « blanche » : pas de signes anormaux avant 4 à 8 heures après un gain en altitude. 
  • Phase d’acclimatation : quelques jours pendant lesquels on pourra souffrir du MAM et où se développeront les mécanismes d’acclimatation. S’abstenir de fournir des efforts très intenses. 
  • Phase d’acclimatement : c’est la phase optimale où l’organisme est acclimaté et encore performant (1 à 4 semaines). 
  • Phase de dégradation : : l’organisme perd progressivement son efficacité, « s’épuise » pour des efforts de plus en plus faibles. 

Symptômes et conséquences 

Le MAM se manifeste par des maux de tête, des troubles digestifs (nausées, vomissements), une fatigue persistante au repos, une insomnie. Il peut entraîner des conséquences mineures, qui ne sont toutefois pas à négliger. 

Les signes bénins apparents sont : 

  • des maux de têtes, chez 59% des gens ; 
  • une respiration courte, chez 59% des gens ; 
  • des insomnies, chez 45% des gens ; 
  • de la fatigue, chez 40% des gens ; 
  • des nausées, chez 12% des gens. 

(sources : https://www.ffme.fr/wp-content/uploads/2019/06/mal-aigu-montagne.pdf) 

Certaines personnes pensent que ces symptômes sont dus à une mauvaise alimentation, au soleil ou à l’inconfort du refuge. 

Les conséquences de ce mal peuvent aussi être très graves avec des signes significatifs : 

  • une diminution du volume des urines ; 
  • l’apparition d’œdèmes (gonflement) qui sont souvent localisés aux yeux, à la face, aux mains, aux chevilles. Ces œdèmes peuvent être très graves et parfois même mortels. 

A une hauteur élevée (4 000m – 5 000m), un œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA) peut survenir brutalement au cours des deux premières nuits. Le malade est pris de quinte de toux, crache, et s’essouffle avec une sensation d’étouffement. Bien souvent on note une fièvre à 38,5 degrés, ce qui évoque à tort un état infectieux pulmonaire.

L’état peut rapidement s’aggraver avec l’apparition d’une cyanose des lèvres et des oreilles, et des crachats rouges (de sang) précédent le coma. La plupart des personnes qui développent un OPHA sont amenées dans une zone qui dispose de ressources médicales suffisantes pour être hospitalisées. 

A une altitude supérieure (5 000 – 5 500 m), le MAM peut se compliquer avec l’apparition d’un œdème Cérébral de Haute Altitude (OCHA) qui débute par des modifications de l’humeur et du comportement, ou par des maux de tête insupportables et des vertiges. Les troubles de la vue, les vomissements en jet précèdent le coma qui est fatal si le malade n’est pas immédiatement redescendu à une altitude plus basse. 

Les complications graves (œdèmes pulmonaire et cérébral de haute altitude) ne sont observées qu’exceptionnellement sur des sujets immobilisés au-delà de 4000 m. 

Que faire lorsque l’on souffre du MAM ? 

Le MAM régresse avec l’acclimatation et disparaît immédiatement à la descente. Certains médicaments (inhibiteurs calciques) améliorent l’état du blessé et lui permettent de perdre rapidement de l’altitude. En cas de symptôme, peu importe la gravité, il est conseillé de boire beaucoup d’eau pour s’hydrater. 

La conduite à tenir lorsqu’on est atteint du mal aigu des montagnes dépend de sa gravité :  

  • s’il est léger, 1g d’aspirine suffit et si le lendemain l’état est satisfaisant le sujet peut repartir mais en modérant son allure ; 
  • si l’aspirine n’a aucun effet, le sujet est alors atteint d’un mal aigu des montagnes modéré. Il doit stopper sa progression et redescendre. S’il continue, son état peut s’aggraver. Il doit se reposer et reprendre sa marche seulement si son état s’améliore. 
  • dans le cas d’un mal aigu des montagnes dit sévère. Il faut impérativement descendre et prendre des médicaments. Seuls les corticoïdes sont efficaces. Si l’état ne s’améliore pas il est alors utile de placer le sujet dans un caisson hyperbare. En effet, à une pression de 220 mbars, la personne perd 2500 à 3500 m d’altitude (selon l’altitude de départ) ce qui entraîne une guérison immédiate de MAM. 

Utilisée pour apaiser les symptômes, la feuille de coca est consommée sous forme d’infusion (maté de coca) ou mâchée depuis des siècles et ce dans de nombreux endroits sur Terre (les Andes, au Pérou, en Bolivie, en Équateur ou en Colombie). 

Comment prévenir du MAM ? 

Il existe 3 règles d’or de la progression en altitude qui permettent de prendre des mesures en conséquence : 

  • ne pas monter trop vite ni trop haut. La première chose à ne pas faire est de vouloir monter tout de suite le plus haut possible à travers une chaîne de montagne. En effet, il ne faut pas perdre de vue que l’acclimatation à l’altitude se fait de façon progressive et il ne faut donc pas hésiter à allonger les périodes de marche d’approche quitte à augmenter les distances (quelques kilomètres peuvent parfois suffire). Ainsi « se hâter lentement » permet de « monter plus haut » ; 
  • monter suffisamment haut pour s’acclimater. L’altitude atteinte doit être suffisante pour déclencher les mécanismes d’acclimatation. Ainsi, pour faire l’ascension du Mont-Blanc, on recommande d’avoir fait au préalable 3 courses de haute montagne dont deux 4000 précédées d’une nuit en refuge à 3500 m. Si on veut réussir un 7000 m, idéalement le camp de base (ou camp d’acclimatation) doit être situé à 5000 m ; en deçà, l’altitude atteinte n’est pas suffisante et ne permet pas d’envisager une ascension dans les meilleures conditions possibles. 
  • ne pas rester trop haut trop longtemps. Prévenir le MAM ou ses complications impose une acclimatation à la haute altitude prudente : nous recommandons de ne pas progresser de plus de 500 mètres de dénivelé par jour au-delà d’une altitude de 3 500 mètres. 

En outre, sur le terrain médicamenteux, l’utilisation du Diamox peut être faite en prévention : Le Diamox a fait la preuve d’une efficacité réelle dans la prévention du mal aigu des montagnes. Pour plus d’informations, renseignez-vous auprès de votre pharmacien. 

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